Baptême de trail : une habituée de bitume galopant dans les sentiers à Ferrette…

Stéphanie, qui avait déjà écrit un article pour le blog livre ses impressions de son premier trail: le « Trail 31,5km », du trail de Ferrette, au cœur du Jura Alsacien. Avant, pendant et après la course, elle nous décrit en détail sa première expérience trail. Bravo à elle et bonne lecture…

Plutôt habituée des courses sur route, j’ai décidé de mettre cet été à profit pour me lancer dans la préparation d’un trail, afin de tester un autre type de course et maintenir une bonne cadence d’entraînement malgré la trêve estivale de mon club.
Il s’agissait également d’un défi entre copines, puisque j’avais prévu de le faire avec Tania, la coach du club. En y repensant, c’est elle qui m’a entraînée là-dedans…j’espère ne pas regretter ☺Trail de Ferrette (1) (Copier)

Jusqu’ici j’avais participé à des courses avec un peu de dénivelé comme le semi des 4 Portes à Rosheim ou le format 10km du trail des Cabornis près de Lyon. Mais 10 km et 500m de D+ n’ont rien à voir avec ce qui m’attend puisque nous nous sommes inscrites au trail du Jura alsacien à Ferrette : 31.5km et 1100 D+…

S’entraîner à du D+ quand on habite en plaine d’Alsace demande de se lever tôt et faire de la route. Nous avons effectué plusieurs entraînements du côté de Niederbronn (une terre alsacienne de trail), de Wangenbourg ou d’Obersteinbach, croisant des ruines de châteaux au gré du parcours, ce qui a rendu les entraînements plutôt agréables.

L’une des difficultés de cette préparation a été de gérer la sensation d’être à bout de souffle. Je suis plutôt habituée à des sorties longues sur du plat, à un cardio régulier et confortable, alors qu’avec des montées à gérer, c’est totalement différent.

Je suis à J-5, le doute s’installe… Au fil de la préparation je n’avais pas l’impression de progresser. Seule la dernière sortie longue m’avait un peu rassurée. Je scrute le profil de course sur internet…j’ai l’impression de repérer l’un ou l’autre mur qui me stressent…mais aussi une descente de 5 km qui permettra de gagner du temps et de récupérer… Les questions fusent : vais-je être capable de finir? Vais-je brûler mes chaussures de trail en rentrant chez moi, en jurant qu’on ne m’y reprendra plus? Nous verrons bien…

J-1 : nous arrivons à Ferrette et découvrons une jolie petite ville surmontée du château. Peu de balisage pour les touristes que nous sommes pour trouver la salle où chercher les dossards, mais nous y arrivons finalement et trouvons un très bon accueil de la part des bénévoles. Nous repartons à notre hôtel à Winkel, avec notre dossard et le joli buff reçu en cadeau.

Le Jour J est arrivé. Sur le lieu de départ, nous commençons à nous échauffer vers 8h30, et la température semble déjà haute. Je constate qu’il n’y a pas beaucoup de femmes. Nous nous rassemblons sur la ligne, et ça y est, à 9h le départ est donné…

Le parcours commence sur un sentier un peu étroit mais personne ne se bouscule ou ne cherche à doubler…on sent qu’il y aura encore du chemin et que personne ne se précipite. Après avoir quitté Ferrette, une première grosse montée dans un pierrier en plein soleil est ma première difficulté et malgré le sentier plat qui suit, mon cardio met du temps à s’en remettre.
Après 45mn de course je prends un premier gel, qui au final sera le seul. Alors que j’avais l’habitude d’en prendre sur mes sorties longues et pendant ma prépa marathon de début d’année, j’ai l’impression que je n’ai pas supporté cette fois-ci. J’ai assez rapidement eu la nausée, ce qui m’a empêché d’ingérer quoi que ce soit d’autre, si ce n’est 2 amandes au 2e ravito et 2-3 raisins secs.

Au fur et à mesure du parcours je m’aperçois que la tâche ne sera pas facile. Même en abordant les montées difficiles en marchant, je sens que je souffre! Je repense à une vidéo sur la course où le premier de l’an dernier estimait qu’on pouvait courir dans toutes les montées…quelle blague…
Le premier ravito arrive vers le 13e km, et nous y croisons une jeune femme qui demande à être rapatriée au départ, car elle a couru 80km 15 jours auparavant et ses jambes ne suivent plus. Jusque-là nous la croisions souvent pendant le parcours, elle nous doublait dans les descentes et nous la rattrapions plus loin. Désormais nous sommes un peu plus seules…c’est d’ailleurs quelque chose qui m’a beaucoup marquée : la sensation d’être seule, alors que je suis habituée à des courses avec beaucoup plus de monde. Heureusement que le parcours est bien balisé! Un coureur à tshirt rouge sera en quelque sorte un repère pour nous. Par moment il nous double, puis nous le redoublons. De temps en temps je me retourne pour voir s’il est toujours là.

Quelle chaleur…je sens que mon dos est trempé derrière mon sac. Dès que je croise une fontaine, je me mouille la tête et les bras. Je fais de même aux ravitos où je peux compter sur la gentillesse des bénévoles. D’ailleurs, j’en profite pour glisser ici un grand merci aux bénévoles des ravitos, du jalonnement et de l’arrivée.

Les kilomètres s’égrènent lentement et je commence à douter de mes capacités à boucler ce trail. Fort heureusement, à chaque grand moment de doute, une descente ne tarde pas à arriver, me permettant de récupérer et de reprendre un peu confiance. Je prends mon temps au 2e ravitaillement situé à Ferrette, car j’aperçois le château sur les hauteurs, et je sais qu’il faudra bien y monter. D’ailleurs une fois arrivées à l’entrée du château nous croisons un quad de secouristes qui demandent à Tania si je vais bien ou s’ils doivent m’emmener… apparemment je n’ai pas l’air en forme.Trail de Ferrette (3)

Plus loin dans la forêt, je fais une pause sur un banc, je me sens à bout. J’essaye de manger quelques raisins secs mais ça ne passe pas. Nous voyons passer une participante qui court sans aucun ravitaillement. Sachant qu’il n’y avait que deux ravitos sur le parcours, je ne sais pas comment elle a réussi à tenir avec cette chaleur.Trail de Ferrette (2)

En début de parcours, alors que j’étais encore en forme je regardais sur les côtés lorsque la vue se dégageait, mais au fur et à mesure j’avoue n’avoir plus trop fait attention au paysage, concentrée sur le chemin…ce qui n’est pas bien étonnant puisque j’ai quand même réussi à faire le marathon de Paris sans remarquer que je passais près de la Tour Eiffel et de Notre-Dame… Tania a pu prendre quelques photos après le château, j’en ai profité pour prendre un peu d’avance comme elle était plus performante que moi sur les montées. Les deux moments où j’ai vraiment été frappée par la vue a été sur un sentier appelé « Allée des Hêtres » qui était vraiment très beau et était bordé à droite par un paysage bien dégagé et montagneux, et j’ai également beaucoup aimé la Grotte des Nains, malgré le chemin qu’il fallait remonter pour en sortir !

Trail de Ferrette (1)Les 10 derniers kilomètres sont très difficiles. Je me sens à bout de forces et Tania a des douleurs dans la poitrine en inspirant, qu’elle ressent surtout en descente. Sur les derniers kilomètres j’ai même du mal à continuer sur du plat, et je râle de plus en plus. Au loin nous commençons à entendre le speaker de l’arrivée…Nous sommes toutes les deux restées solidaires jusqu’au bout, nous voulons terminer ensemble. Tout le long du parcours chacune a attendu l’autre face aux difficultés qu’elle avait. Seule je n’aurais pas pu aller au bout. Je pense au coureur au tshirt rouge qui fait ce trail tout seul et me demande comment il peut tenir!

Enfin nous apercevons l’arrivée, mais nous sommes sur un sentier en plein soleil, la chaleur et la fatigue m’accablent, je dois marcher quelques pas jusqu’à la sortie du sentier. Je me remets à courir dans la descente qui s’approche de l’arrivée, que nous passerons main dans la main après 4h28 d’effort, soulagées d’avoir enfin terminé.
Quelques instants plus tard nous apercevons le coureur au t-shirt rouge qui se rapproche de l’arrivée et nous l’applaudissons. Nous échangeons avec lui nos impressions sur cette course qu’il a aussi trouvée difficile, bien qu’il ne soit pas débutant en trail comme nous. Il nous confie qu’il a tenu grâce à nous et nous remercie, car il essayait de nous garder en ligne de mire et de nous rattraper lorsque nous étions loin de lui. Petite fierté d’avoir finalement servi de « lièvre » sur notre premier trail… Nous passons un moment à discuter avec lui, assis par terre devant le ravito d’arrivée. Les coureurs arrivent au compte-goutte, chacun se félicite et partage son ressenti, ce qui donne une ambiance sympa à l’arrivée, différente des courses où tout le monde se masse en nombre au ravito sans se parler.

Mon impression de ce trail? Immédiatement après l’arrivée, je me suis jurée de ne plus remettre ça, de revenir à la route, de continuer à évoluer sur marathon, d’oublier les courses avec du dénivelé. Je pense à certains de mes amis qui ne jurent que par le trail, je crois qu’ils doivent être un peu fous.

A J+1, je me dis que finalement ce n’était pas si mal (amnésie post-traumatique?) et que je pourrais retenter occasionnellement des trails un peu plus courts ou avec un peu moins de dénivelé. J’ai d’ailleurs moins de courbatures qu’après le marathon, ça n’a pas fait si mal finalement… De son côté Tania me dit qu’elle a envie de revanche…de refaire ce trail l’an prochain pour y faire mieux. Avec du recul je me dis que la chaleur a joué pour beaucoup, que je n’ai pas réussi à bien m’alimenter, que finalement, malgré l’impression d’être allée au bout de mes capacités physiques, j’ai quand même réussi à le boucler…et puis 10 minutes après l’arrivée, on avait déjà retrouvé le sourire. Je suis convaincue de pouvoir faire mieux. Donc le refaire…? Pourquoi pas… 😀

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